Electret ? c’est pas un peu beurk ça ?
C’est ce que je croyais. D’une part je pensais que ce genre de capsule avait une bande passante très limitée, et qu’en plus les electrets étaient toujours omnidirectionnels, ce qui n’est pas super gégène pour faire de l’enregistrement stéréo, sauf à utiliser une configuration dite A-B ou les micros doivent êtres assez éloignés l’un de l’autre : un peu contraignant pour un truc transportable.
En fait j’avais vraiement tout faux. Et d’une il existe des capsules electret avec une bonne bande passante (de 50 à 15000Hz environ pour celle que j’ai choisie), un bon rapport signal/bruit (>66db pour le modèle retenu), et mieux, il existe des capsules cardioides (unidirectionnelles).
En plus le prix n’est pas énorme (dans les 3 ou 4€). à partir de là restait à choisir le type de micro à construire, sachant que ce que je visais, c’était un micro portable, donc pas trop gros.
Prise de son stéréo, comment ça marche ?
Pour faire de la prise de son stéréo directe (c’est à dire sans capter séparément les différents instruments puis travailler le tout sur un logiciel de mixage), on utilise généralement un couple de micros (parfois 3), qu’on peut placer suivant différentes configurations.
Les configurations les plus fréquentes sont :
- Le couple AB
- Le couple XY
- Le couple ORTF
- Le microphone MS
- La tête artificielle
Je ne vais pas rentrer dans les détails de chacune de ces configurations. Je me contenterai d’un bref descriptif. Pour ceux qui veulent des détails, je vous conseille Cet excellent article de Pierre Voyard.
Le couple AB utilise deux micros omnidirectionnels ou cardioïdes, parrallèles et séparés d’au moins 40cm, juqu’à plusieurs mètres. Donc pour l’application visée, ce n’est pas vraiment l’idéal.
Le couple XY utilise deux capsules cardioïdes (unidirectionnelles) ouvertes selon un angle de 90° et superposées pour que le centre des membranes coïncide. Par rapport à l’objectif de compacité du micro, c’est vraiment l’idéal. En revanche, la spatialisation rendue par ce type de micro est peu marquée. Le placement latéral (localisation) des sources est enrevanche très bon.
Le couple ORTF utilise deux capsules cardioïdes, éloignées de 17cm (parfois moins) et ouvertes suivant un angle de 110° (cette valeur est modulable). Le micro est donc un tout petit peu plus gros qu’un XY, mais reste de taille raisonnable. De plus, la spatialisation est donnée comme étant bien meilleure qu’avec un couple XY. La localisation est bonne.
Je passe sur le microphone MS et la tête artificielle qui sortent complètement du cadre de ce qu’on veut faire ici.
Au final, j’ai donc décidé de partir pour un couple ORTF.
Matériel
Minime, vraiment ! Surtout si on fait un max de récupération.
deux capsules electret cardioïdes de 14mm de diamètre (oui c’est gros pour de l’electret, mais c’est grâce à ça qu’on arrive à capter correctement les graves),
du cable monobrin + tresse de masse (genre 1m50),
une prise jack 3,5 stereo (c’est le format utilisé par l’enregistreur)
deux morceaux de tube de cuivre (en vente dans tous les castomerlin) de 22mm de diamètre
un morceau de tube d’alu (récup) pour faire la pièce de jonction entre les deux micros
vis et ecrous papillon
pour le socle, une chute de gros bambou
un demi-collier servant à fixer des tuyaus de plomberie au mur (pour faire tenir les micros sur le pied)
un morceau de chambre à air (pour empêcher l’assemblage de pivoter sur le pied de bambou)
une vieille passoire à thé (ou un chinois), pour la grille de protection des capsules.
Dans mon cas, aucun circuit de préamplification / alimentation n’est nécessaire : l’enregistreur fournissant 6V de tension, c’est parfait pour alimenter des capsules à electret (eh oui, il faut les alimenter). En effet, une capsule à electret fonctionne en gros de 2 à 10V : en dessous elle ne fonctionne pas, au dessus elle crame.
Et voilà !
Joli non ? Et en plus ça marche ! Bientôt quelques démos, c’est promis.



