Ce troisième modèle est donc proche du n°1 (en fait je devrais l’appeler n° 0, mais bon on s’en fout).
Comme je n’avais pas envie de massacrer encore un tronçon de bambou, j’ai décider de faie une quasi-copie du n°1. En revanche, je me suis dit que si je pouvais éviter de fabriquer une clé, d’une part ça serait du temps de gagné, et d’autre part le jeu serait plus facile.
le même, ... sans clé
Les trois parties (bec, corps, pavillon), ont les mêmes proportions (en longueur. En revanche le diamètre intérieur du corps et du pavillon est plus grand. Le pavillon est fait dans un morceau de bambou en provenance de Mayotte (merci Bilou !), le corps provient d’un bambou poussant dans le Loiret (merci Françoise & Sophie !), et le bec est taillé dans un morceau provenant du Mans (mêmes fournisseurs que les précédents saxobambous).
La photo ci-dessus montre l’instrument pas tout à fait fini, en cours de huilage (une première couche d’huile de tung a été appliquée (intérieur-extérieur) et a déjà siccativé. Un polissage au chiffon doux en fin de siccativation m’a permis de conserver l’alpect satiné d’origine (c’est nouveau ça ! avant j’obtenais toujours un rendu mat).
Vomme vous pouvez le constater, il n’y a pas de clé sur ce modèle. Le trou le plus pas a été légèrement remonté ; du coup, il est aussi d’un diamètre plus petit et il devient inutile d’ajouter une clé : il tombe bien sous les doigts. Le petit inconvénient est que le ré (note lue, c’est à dire un do réel) est un petit peu moins clair, mais il est suffisamment homogène avec les notes suivantes pour qu’on ne le remarque pas trop.
J’en profite pour vous montrer le collage entre le pavillon et le corps : résine epoxy + charge à la sciure de bambou pour conserver une teinte proche du bambou. Sur la photo ci-dessus il manque encore un petit coup de ponçage final.
Un bec plus précis
Le bec de cet instrument est en fait celui qui était initialement destiné à celui-ci. Simplement, je l’ai racourci. Sa technique de fabrication a donc été décrite dans le même article. Ça valait le coup d’y passer du temps, il a vraiment une très bonne réponse.

- Le bec vu de profil
- La ligature a un aspect « vieilli » à cause de la chauffe pour la mise en forme. Il suffirait de la polir pour qu’elle retrouve son aspect doré et brillant, mais je me demande si je ne vais pas la laisser comme ça.

- La lumière du bec
- Grande lumière, plafond bas : la recette pour un bec puissant, avec un son incisif.
Le tenon a été fait en liège (à cause de la trop grand différence de diamètre avec le diamètre intérieur du corps). J’ai ajouté ensuite une couche de fil poissé à la cire, puis un surplus de cire pour bien assurer l’étanchéité.
Bambou de Mayotte
Ces bambous sont énormes ! Et encore ceux qu’on m’a ramené font partie des petits diamètres, et parmis ceux-ci j’ai pris celui de plus petit diamètre pour faire le pavillon. Ces bambous ont une particularité : la pousse qui démarre au niveau d’un noeud (comme dans tous les bambous) est très grosse et « écrase » le tube. Sur les deux photos ci-dessous on se rend compte du résultat à l’extérieur, puis à l’intérieur.

- Le départ de la pousse à l’extérieur
- Cette pousse, extrèmement dure (même au couteau à sculpter ça a été vraiment très très galère à couper), est très grosse.

- L’écrasement du pavillon
- L’intérieur (dans la partie basse sur la photo) est écrsé à cause de la pousse latérale.
Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui. Bientôt du son !

